Vingt-cinq ans avec lui

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Est-ce le témoignage de l’ancien chauffeur de François Mitterrand ou un goût inassouvi pour les feux de la rampe qui pousse Jean-Claude Laumond à livrer aujourd’hui les secrets de ses Vingt-cinq ans avec lui ? Lui, c’est Jacques Chirac. Homme politique à la carrière brillante et… patron de Laumond, chauffeur écarté de ses fonctions pour des raisons inexpliquées. Côtoyer un homme illustre pendant des années ne laisse pas indemne. Et le public, lui, raffole de connaître les grands de ce monde dans leur quotidien, avec leurs travers, leurs manies, qui les rendent presque « normaux ». Tout est donc programmé pour que les règlements de compte de l’auteur trouvent leurs lecteurs : derrière les anecdotes croustillantes – qui transforment Chirac en séducteur pressé et infidèle –, se dévoilent des situations politiques ambiguës – des enveloppes mystérieuses transportées par Laumond –, des coups montés, des haines déclarées et, autour du couple présidentiel, une armée de courtisans pitoyables.

La cible principale du livre ? La première dame de France (« l’érotisme et la mort, dit-on, sont liés. Elle, elle a choisi la mort. ») La phrase est savoureuse mais ne laisse aucun doute sur la nature des sentiments de Laumond et « Bernadette ». Haine réciproque, puisque la chute de ce dernier n’aurait d’autre responsable directe que cette « mante religieuse ». On pourrait trouver bien des choses à dire sur la démarche d’un tel ouvrage : déplacé, obscène, voyeur, rancunier. Mais Laumond est un homme blessé, et comme il semble le croire, persécuté pour être devenu gênant par son mariage et sa position privilégiée en Corrèze, fief des Chirac.

Si certains faits peuvent sembler subjectifs dans leur traitement, il en reste d’autres, objectifs, comme l’envoi par l’Élysée d’une couronne mortuaire à l’occasion de la cérémonie nuptiale de Laumond… Les citoyens hésitants ne trouveront ici aucune réponse politique, mais les amateurs de ragots seront servis. L’ancien chauffeur doit se sentir soulagé. Le couple présidentiel l’est sans doute beaucoup moins… –Marine Segalen